Swift Guad : biographie et albums du rappeur underground

Dans la galaxie du rap francophone, certains noms circulent surtout dans les couloirs des salles de concerts, chez les disquaires indés et dans les open mics. Swift Guad fait partie de cette catégorie d’acharnés qui ont bâti leur réputation loin des spots publicitaires et des playlists formatées. Rappeur de l’Est parisien, plume affûtée et productivité ... Lire plus
Hugo Lemoine
découvrez la biographie complète de swift guad, rappeur underground, ainsi que son parcours musical et ses albums incontournables.

Dans la galaxie du rap francophone, certains noms circulent surtout dans les couloirs des salles de concerts, chez les disquaires indés et dans les open mics. Swift Guad fait partie de cette catégorie d’acharnés qui ont bâti leur réputation loin des spots publicitaires et des playlists formatées. Rappeur de l’Est parisien, plume affûtée et productivité impressionnante, il traîne plus de vingt ans de scène musicale derrière lui, avec une discographie qui aligne albums, EP, mixtapes, projets communs et featurings. Son truc, ce n’est ni la mise en scène de la vie de caïd, ni le storytelling bling, mais un texte engagé, souvent sombre, souvent lucide, qui parle de galères, de vices, de villes fatiguées et de survies ordinaires.

Ce portrait revient sur la biographie du rappeur, ses racines à Montreuil, ses influences et ses grandes périodes. Il plonge aussi dans ses albums marquants, des premières sorties sauvages jusqu’aux collaborations avec des beatmakers comme Al’Tarba, Mani Deïz ou Raw Saïtama. On y croise au passage ses connexions avec d’autres figures de la culture hip-hop, son amour déclaré pour un rap d’auteur à l’ancienne et son refus assumé de rentrer dans le moule du streaming-friendly. Le tout avec un œil tourné vers son actualité récente, notamment le morceau « Everyday » avec Ol Zico, qui rappelle pourquoi son nom continue de circuler sur les lèvres de ceux qui suivent de près le rappeur underground.

  • Origines et identité : rappeur de Montreuil, actif depuis la fin des années 1990, figure solide du rap d’Île-de-France.
  • Positionnement artistique : rap introspectif, cru, refus des clichés capitalistes et de la caricature « thug life ».
  • Productivité : plus de vingt projets en une vingtaine d’années, entre albums solos, mixtapes et disques en commun.
  • Collaborations : connexions fortes avec des MC comme Aketo, Alkpote, Seth Gueko, Ol Zico et des producteurs comme Al’Tarba ou Mani Deïz.
  • Actualité récente : sortie du single « Everyday » en 2024, en featuring avec Ol Zico, produit par Beus Bengal et réalisé par Skaf.

Swift Guad, biographie d’un rappeur underground de Montreuil

Pour situer Swift Guad, il faut partir de Montreuil, cette ville de Seine-Saint-Denis coincée entre Paris et une ceinture de villes qui ont toutes vu éclore des MC. François Yvan Marletta, de son vrai nom, naît le 16 novembre 1981. À la fin des années 1990, alors que le rap français voit émerger des groupes comme la Mafia K’1 Fry, Fonky Family ou La Rumeur, lui commence à gratter ses premiers textes et à traîner dans les cercles hip-hop locaux. La légende veut qu’il ait passé plus de temps à rôder autour des scènes qu’à les fouler avant que les premiers organisateurs se décident à lui laisser un micro.

Ce détail compte, parce qu’il explique son rapport à la scène musicale : Swift Guad vient d’abord de la cour, du trottoir, des petites scènes de banlieue où l’on rappe pour convaincre les quinze types de devant, pas pour récolter des millions de vues. Ce contexte nourrit un rapport très organique à la musique rap, où l’ego existe, mais doit se justifier par la technique, la sincérité et la capacité à tenir un public. Montreuil, avec ses squats, ses studios bricolés et ses assos culturelles, joue le rôle d’incubateur.

Très tôt, ses textes se distinguent par des images marquantes, une voix grave immédiatement reconnaissable et ce mélange de noirceur, d’autodérision et de références à la débrouille. Pas de posture de super-héros, plutôt le portrait d’un type qui assume ses failles, ses excès, ses contradictions. Là où d’autres misent sur la mythologie du gangster infaillible, Swift Guad détaille la fatigue, les addictions, les relations toxiques, les espoirs minces mais tenaces. C’est précisément ce qui va le ranger, aux yeux de beaucoup, dans la case « auteur », plus que simple cracheur de punchlines.

Il s’inscrit clairement dans une filiation qui va des pionniers du rap francophone engagé jusqu’aux storytellers américains. On retrouve chez lui des échos de groupes comme La Rumeur dans la façon de décrire les marges urbaines, mais aussi une sensibilité proche de certains rappeurs US comme Nas, dont la plume cinématographique a façonné l’imaginaire de nombreux MC français. La parenté avec des figures présentées dans un panorama du rap hip-hop mondial est nette : raconter avant de poser pour la photo.

Son positionnement reste à contre-courant des tendances dominantes. Quand la trap et la drill trustent les charts, il continue à graviter autour d’un son plus proche du boom bap, certes modernisé, mais fidèle à certaines bases : samples, boucles sombres, batteries sèches, prods taillées pour les textes plutôt que l’inverse. Mon avis, après avoir vu des scènes basculer sur ce type de set, c’est que ce choix l’a peut-être privé d’un gros public, mais lui a offert quelque chose de plus rare : une crédibilité qui traverse les modes.

Au bout du compte, la biographie de Swift Guad ne se résume pas à un CV d’artiste, mais à un parcours d’obstiné qui a préféré rester dans l’ombre relative du rappeur underground plutôt que de forcer une lumière qui ne lui ressemblait pas.

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Des débuts dans l’underground aux premières sorties remarquées

Les premières apparitions de Swift Guad se font sur des projets collectifs, des mixtapes, des freestyles enregistrés à la va-vite. On est loin du confort des home studios dernière génération. Ici, un micro fatigué, là, une cabine de fortune derrière un rideau ou dans une cave mal insonorisée. Ces conditions techniques laissent souvent des enregistrements un peu rugueux, mais ce grain participe à l’identité de ses premiers sons.

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Les premiers EP et albums autoproduits commencent à circuler dans les boutiques spécialisées et sur les stands de concerts. À cette époque, beaucoup d’auditeurs découvrent Swift Guad par le bouche-à-oreille, via un pote plus calé qui glisse un CD gravé ou un lien. C’est un mode de diffusion lent, mais solide : un public qui prend le temps d’écouter un projet entier finit généralement par accrocher à l’univers ou passer complètement à côté. Pas de demi-mesure.

Une étape importante de cette période, c’est la multiplication des featurings avec d’autres rappeurs de la région parisienne. Il pose aux côtés d’artistes comme Aketo, Alkpote, Seth Gueko ou Zoxea. Ces connexions ne servent pas de simple vitrine marketing : elles témoignent d’un respect mutuel pour la plume et l’authenticité, dans un milieu où les apparences comptent, mais où la crédibilité en studio et sur scène reste le juge de paix.

Si tu retiens une chose de ces années de formation, c’est que Swift Guad s’est construit dans le temps long, celui des scènes, des studios et des petites sorties répétées, pas sur un single viralisé du jour au lendemain.

Une discographie dense : albums, projets en commun et morceaux clés

Difficile de parler de Swift Guad sans s’attaquer à sa discographie. Sur plus de vingt ans, il aligne une vingtaine de projets, ce qui le place dans la catégorie des rappeurs qui considèrent le studio comme un prolongement naturel de leur quotidien. Là où certains mettent quatre ans à sortir un album calibré pour les récompenses, lui préfère multiplier les formats : LP, EP, mixtapes, collaborations complètes avec un beatmaker.

Ce fonctionnement, qu’on retrouve aussi chez des MC us comme ceux présentés dans la généalogie des pionniers du rap français, permet de tester des ambiances, des thèmes, des prises de risques, sans attendre le fameux « album définitif ». Swift Guad a souvent privilégié ce côté laboratoire permanent, quitte à perdre ceux qui voudraient un catalogue plus lisible. Entre nous, c’est aussi ce qui fait le charme de son parcours de discographe : on a l’impression de suivre un journal de bord, pas une carrière polie.

Parmi les lignes de force de ses albums et projets, on retrouve la collaboration avec des producteurs à l’univers fort. Al’Tarba lui apporte des prods cinématographiques, pleines de samples inquiétants et de drums lourdes. Mani Deïz propose un son plus froid, parfois introspectif, qui colle à merveille à ses textes désabusés. Raw Saïtama, Blakesmith et d’autres noms moins médiatisés viennent compléter ce cercle de beatmakers qui ont compris que la voix de Swift Guad demandait de la place, des textures, mais aussi des silences.

Pour y voir plus clair, voici un tableau synthétique de quelques repères dans sa carrière discographique :

Période Type de projet Particularités
Fin 1990 – début 2000 Mixtapes, premiers albums Son brut, enregistrements artisanaux, affirmation de la voix et du style sombre.
Années 2010 Albums solos et disques avec producteurs Collabs avec Al’Tarba, Mani Deïz, Raw Saïtama, consolidation du public underground.
Années 2020 Projets collaboratifs, singles ciblés Exploration de nouvelles prods, featurings réguliers, dont le morceau « Everyday ».

Certains morceaux agissent comme des points de repère pour qui veut entrer dans son univers. Des titres axés introspection, d’autres plus agressifs, parfois presque « gore » dans la description des excès, cohabitent avec des tracks plus posés, proches du rap conscient. Ce mélange peut désarçonner au premier abord, mais il reflète une chose : le refus de se laisser enfermer dans une seule image, celle du rappeur moralisateur ou, à l’inverse, du provocateur pour le buzz.

Une constante néanmoins : le choix des featurings. Swift Guad n’empile pas des noms pour faire joli sur une pochette. Il invite des MC avec lesquels une logique artistique existe : complémentarité de flows, univers proches, goût partagé pour la plume ou pour les images fortes. Ce soin porté aux invités rapproche son approche de certains producteurs de la vieille école, à la DJ Premier, qui construisent des ponts entre artistes sur la base d’une cohérence musicale plus que sur un calcul algorithmique.

Les amateurs qui veulent creuser pourront retrouver un panorama de ses œuvres sur des plateformes spécialisées en musique rap, ou encore via la page qui lui est dédiée dans le portfolio ADZ, accessible ici : portrait de Swift Guad.

Son parcours discographique montre une chose claire : la quantité n’a pas noyé la qualité, parce que derrière chaque sortie, il y a une direction, une envie ou au minimum une couleur précise. Pas de remplissage assumé, même sur les projets les plus fleuves.

Un texte engagé et introspectif au cœur de la culture hip-hop

On peut débattre des goûts en matière de flow ou de prods, mais sur un point, Swift Guad fait l’unanimité chez beaucoup de diggers : la qualité d’écriture. Son texte engagé ne se contente pas d’aligner des slogans politiques, il plonge dans les zones grises, les contradictions, les angles morts de la vie urbaine. C’est là que son rap se distingue de la vague de morceaux qui survolent les sujets sans les creuser.

Quand il parle d’argent, il détaille surtout ce que la manque d’argent provoque : petites combines, frustrations, renoncements, solitude. Quand il évoque les stupéfiants, il ne se place pas du côté du revendeur conquérant, mais plutôt de celui qui voit les dégâts chez lui et autour de lui. Cette manière d’aborder les thèmes de la culture hip-hop par la face B, par les conséquences plutôt que par le fantasme, donne à ses morceaux une densité particulière.

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Son engagement n’est pas toujours frontal ni militant au sens classique. Il tient plus du regard porté sur son environnement que d’un programme politique. Entre deux lignes à l’humour noir, on croise des critiques du capitalisme de façade, du spectacle permanent, de la mise en scène du malheur pour gratter de la visibilité. Il renvoie dos à dos les clichés de la réussite ostentatoire et la glorification de la « street crédibilité » vide de sens.

Pour comprendre sa place, il est utile de le mettre en regard d’autres figures du rap francophone qui ont fait de l’écriture leur arme principale. Des portraits comme celui consacré à Nas dans cette analyse de sa biographie et de ses albums permettent de mesurer à quel point la narration et l’introspection sont centrales chez certains MC. Swift Guad s’inscrit dans cette lignée : raconter sa vie, oui, mais à condition que ça ouvre aussi une fenêtre sur quelque chose de plus global.

Pour illustrer la richesse de son écriture, il suffit d’écouter quelques morceaux centrés sur des personnages. Plutôt que de parler de lui en boucle, il met en scène des figures anonymes : un voisin qui s’enfonce, un pote qui part en vrille, une histoire d’amour qui tourne mal. Ce choix de la mise à distance permet de traiter de sujets intimes sans tomber dans le règlement de comptes ou l’exhibitionnisme complaisant.

Un autre aspect souvent oublié : son humour. Même au milieu des textes les plus sombres, une punchline, une image absurde ou un jeu de mots inattendu vient briser la lourdeur. Ce décalage évite au propos de devenir pesant et reflète une forme de pudeur typique des artistes qui ont trop vu pour encore se contenter d’un schéma noir/blanc.

Au final, son rappeur underground ne repose pas seulement sur la marginalité médiatique, mais sur une exigence d’écriture qui n’a jamais été bradée, même quand les formats courts et les refrains évidents devenaient la norme.

Refus des clichés capitalistes et de la vie de thug

L’une des caractéristiques les plus nettes de son œuvre, c’est ce refus obstiné des deux grands clichés qui squattent une partie du rap : le capitaliste victorieux et le bandit invincible. Là où beaucoup de morceaux tournent autour des mêmes motifs de montres, grosses voitures et règlements de comptes glamourisés, Swift Guad choisit le hors-champ.

Quand il parle de réussite, c’est souvent pour la relativiser, rappeler son prix réel, ou pointer le décalage entre l’image vendue et la réalité matérielle. Quand il parle de rue, il insiste sur la routine, la fatigue, les galères administratives, les peines de prison et les familles laissées derrière. Autrement dit, il démonte les mythologies faciles en montrant ce qu’il y a après le clip, une fois les caméras coupées.

Mon avis, qui vaut ce qu’il vaut, c’est que ce positionnement lui a valu un immense respect chez les auditeurs qui ont grandi avec le rap des années 1990 et 2000, ceux qui ont vu de près l’écart entre les récits de disques et les réalités de terrain. En revanche, il le rend moins « bankable » pour une industrie qui préfère souvent des personnages plus simples à marketer. Mais justement, cette difficulté à entrer dans un packaging rapide confirme sa place dans le paysage : un artisan de l’écriture qui préfère gratter la peinture plutôt que la vernir.

Ce rejet des clichés ne le met pas pour autant dans la case du rappeur moralisateur. Il décrit, il constate, parfois il confesse ses propres dérives, mais il laisse l’auditeur faire le tri. C’est aussi ce qui donne à son œuvre un côté durable : les morceaux continuent de résonner quand les modes passent.

Si tu cherches un artiste qui incarne l’idée d’un rap adulte, conscient de ses ombres et de ses responsabilités mais sans posture de professeur, Swift Guad coche beaucoup de cases, sans jamais se transformer en panneau publicitaire pour une quelconque vertu.

« Everyday » avec Ol Zico : un jalon récent pour la carrière de Swift Guad

En 2024, Swift Guad sort un morceau qui résume assez bien la manière dont il aborde la modernité du rap francophone sans renier ses bases : « Everyday », en featuring avec Ol Zico. Ce titre ne prétend pas réinventer le genre, mais il condense son savoir-faire : écriture ciselée, thème concret, ambiance sombre, énergie contrôlée. La prod signée Beus Bengal installe un décor tendu, tandis que la réalisation de Skaf pour le clip apporte une dimension visuelle cohérente avec la musique.

Le morceau parle du quotidien répété, de ces gestes et de ces choix qui, mis bout à bout, finissent par dessiner une trajectoire de vie. D’où le titre : chaque jour, on rejoue le même film avec, parfois, quelques variations. C’est du rap du réel, pas de la fiction spectaculaire. Ol Zico apporte un contrepoint vocal intéressant, avec un timbre et une manière de poser qui complètent bien la voix de Swift Guad plutôt que de la concurrencer.

Le clip, disponible sur des plateformes spécialisées comme UrbanTrackz, renforce cette sensation de routine oppressante : rues grises, intérieurs modestes, peu de couleurs, beaucoup de regards fatigués. Pas besoin de budget hollywoodien pour faire passer une atmosphère ; ici, l’efficacité vient de la cohérence entre le son, les images et le propos.

Ce single montre aussi que Swift Guad sait naviguer dans l’ère du clip calibré pour YouTube sans renoncer à ce qui fait sa patte. Pas de danses forcées, pas de placement de produit agressif, juste un concentré de ce qu’il sait faire, mis en forme de façon suffisamment moderne pour toucher des auditeurs qui le découvrent en 2024 ou après.

On peut y voir une stratégie intelligente : plutôt que de tout miser sur un album-concept difficile à défendre en live, il propose des pièces fortes, capables d’exister seules, mais qui s’imbriquent dans son univers général. Pour les programmateurs de salles et les amateurs de concerts, ce genre de titre fonctionne très bien en set, parce qu’il porte une énergie immédiate, tout en laissant la place aux textes.

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Pour ceux qui souhaitent découvrir ou revoir ce morceau, la page dédiée au clip « Swift Guad et Ol Zico s’approprient Everyday » sur UrbanTrackz reste une porte d’entrée parlante vers sa phase récente. À l’échelle de sa carrière, « Everyday » agit comme un rappel : même après des dizaines de projets, Swift Guad continue d’affûter son art, plutôt que de capitaliser sur ses acquis.

Pourquoi ce titre compte dans sa discographie

« Everyday » n’est pas seulement un single de plus, c’est un marqueur. D’abord parce qu’il confirme la capacité du MC à choisir des collaborateurs pertinents : Ol Zico, Beus Bengal, Skaf, trois noms qui s’inscrivent dans une esthétique proche de la sienne, mais avec ce qu’il faut de fraîcheur pour éviter l’auto-parodie.

Ensuite, parce qu’il arrive à un moment où une partie du public rap, fatiguée des mêmes schémas, se remet à chercher des artistes avec du vécu et des choses à raconter. Dans ce contexte, un morceau qui parle de survie quotidienne sans fioritures trouve un écho particulier. D’ailleurs, plusieurs auditeurs témoignent que ce titre leur a servi de porte d’entrée vers le reste de sa discographie, preuve qu’un bon single, même tardif, peut relancer l’écoute du catalogue entier.

Enfin, « Everyday » illustre sa façon de travailler le temps long. Là où d’autres exploiteraient le moindre buzz pour lancer tout de suite une tournée surdimensionnée, Swift Guad l’intègre comme une pièce de plus dans son puzzle artistique. Il continue à multiplier les dates à taille humaine, les apparitions dans des festivals de musique rap indépendante, et laisse la rumeur faire son travail.

Ce morceau confirme une donnée qui traverse tout son parcours : Swift Guad ne cherche pas à rattraper un train, il suit sa voie, avec ses hauts, ses bas, et des coups d’éclat comme « Everyday » qui rappellent régulièrement pourquoi son nom reste cité quand on parle de rappeurs de caractère.

Swift Guad dans la scène rap francophone : influences, héritage et place actuelle

Placer Swift Guad dans la carte du rap francophone, c’est se confronter à une géographie un peu bancale, où certains quartiers sont surreprésentés médiatiquement quand d’autres restent dans l’ombre. L’Est parisien a fourni son lot de MC respectés, mais peu ont réussi à concilier longévité, productivité et intégrité comme lui. Il s’est imposé comme une figure de l’underground, au sens noble du terme : pas celui qui refuse toute exposition, mais celui qui choisit ses terrains de jeu.

Ses influences se lisent autant dans ses références que dans ses choix de collaborations. On perçoit un attachement au rap new-yorkais, à ce son rugueux mis en avant par des producteurs comme DJ Premier, dont on peut retrouver la trace dans certains portraits comme celui proposé ici : analyse de DJ Premier. On retrouve aussi une sensibilité proche des collectifs engagés, ceux qui, en France, ont montré qu’un texte engagé pouvait exister hors des slogans attendus.

Côté héritage, son influence se mesure moins en chiffres de ventes qu’en vocations. De jeunes MC citent son nom comme une référence quand ils parlent d’écriture ou de sincérité. Il sert de modèle à ceux qui veulent construire une carrière artisanale, où l’on sort régulièrement des projets, où l’on maintient une présence sur scène, sans forcément viser la validation d’un top 10 national.

Dans les années 2020, alors que les frontières entre rap, pop et variétés deviennent floues, sa constance rassure une partie du public. Il fait partie de ces artistes qui offrent un point d’ancrage aux auditeurs déboussolés par la vitesse des tendances. On sait à quoi s’attendre chez lui : pas en termes de recette répétée, mais en termes de sincérité, de regard sur le réel, de refus du compromis facile.

Certains diront qu’il aurait pu viser plus haut en acceptant quelques concessions esthétiques. D’autres, dont je fais partie, considèrent qu’il a surtout choisi d’occuper une place particulière : celle du rappeur qui rappelle, projet après projet, que la culture hip-hop reste d’abord une histoire de voix, d’histoires et de beats, pas de storytelling marketing.

Pour les organisateurs de concerts, sa présence sur un plateau rap apporte un équilibre précieux. Il attire un public fidèle, souvent plus âgé que la moyenne des auditeurs de rap actuels, mais pas fermé aux nouveautés. Cette mixité d’audience en fait un atout pour construire des soirées où se croisent générations et styles, plutôt que des line-up monolithiques.

En résumé, dans la grande mosaïque du rappeur underground francophone, Swift Guad occupe aujourd’hui la case du vétéran respecté qui continue de sortir des morceaux pertinents, sans nostalgie muséale, et qui rappelle que l’underground n’est pas un refuge, mais un choix esthétique et politique.

Quels sont les thèmes principaux abordés par Swift Guad dans ses textes ?

Swift Guad explore surtout des thèmes liés au quotidien urbain, aux galères matérielles, aux addictions, aux relations humaines compliquées et au désenchantement social. Son rap reste profondément introspectif et engagé, sans tomber dans la morale ni les clichés, avec un regard lucide sur la rue et ses conséquences réelles plutôt que sur sa glorification.

Comment définir le style musical de Swift Guad ?

Le style de Swift Guad s’appuie sur un rap sombre et incisif, souvent proche du boom bap modernisé, avec des prods à base de samples, de batteries sèches et d’ambiances cinématographiques. Sa voix grave et reconnaissable se pose sur des instrumentales produites par des beatmakers comme Al’Tarba, Mani Deïz ou Raw Saïtama, toujours au service du texte engagé et introspectif.

En quoi le morceau Everyday avec Ol Zico est-il important dans sa carrière ?

Everyday, sorti en 2024 en featuring avec Ol Zico, marque une synthèse réussie entre la patte classique de Swift Guad et une approche visuelle et sonore adaptée à l’époque. Produit par Beus Bengal et réalisé par Skaf, le titre illustre la routine et la survie quotidienne, et a permis à de nouveaux auditeurs de découvrir sa discographie, tout en consolidant son image d’artiste fidèle à ses valeurs.

Pourquoi Swift Guad est-il considéré comme un rappeur underground ?

Swift Guad est qualifié de rappeur underground parce qu’il a choisi une trajectoire indépendante, loin des circuits promotionnels les plus exposés. Il privilégie les petits et moyens lieux de concerts, les collaborations avec des producteurs de niche et des sorties régulières plutôt qu’un formatage pour les charts. Sa notoriété s’est construite sur le bouche-à-oreille et la scène, plus que sur les campagnes marketing.

Où suivre l’actualité de Swift Guad et découvrir ses albums ?

L’actualité de Swift Guad peut être suivie sur les plateformes de streaming, sur des médias spécialisés comme UrbanTrackz, ainsi que sur les réseaux sociaux de l’artiste. Sa discographie est également mise en avant dans le portfolio ADZ, par exemple via la page dédiée disponible à l’adresse suivante : https://www.adzbooking.fr/portfolio/swift-guad/.

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